Monastère de pierre ancien sur un plateau avec des montagnes enneigées à l'arrière-plan

Prénom arménien : 40 prénoms et les quatre mémoires qu'ils portent

Les prénoms arméniens se répartissent en trois familles qui racontent trois époques : les rois et les divinités d'avant le christianisme, les saints de la première nation chrétienne du monde, et les mots de la nature. S'y ajoute une quatrième catégorie, née de l'exil : les prénoms qui portent le nom d'une ville perdue. Voici 40 prénoms arméniens et ce que chacun garde en mémoire.

Les prénoms d'avant le christianisme

L'Arménie a adopté le christianisme en 301, ce qui en fait la première nation à l'avoir fait officiellement. Mais son fonds de prénoms est plus ancien encore, et il a survécu.

Prénom Ce qu'il évoque
Tigran Tigrane le Grand, roi du Ier siècle avant notre ère, sous lequel l'Arménie fut à son apogée
Ara Ara le Beau, roi légendaire des récits fondateurs
Vahagn Divinité du feu et de la guerre, figure préchrétienne majeure
Anahit Déesse de la fertilité et de la sagesse, féminin
Astghik Déesse de l'amour, littéralement « la petite étoile »
Armen Rattaché au nom même du peuple arménien
Vartan De vart, la rose, porté par Vartan Mamikonian, chef militaire du Ve siècle

Le fait que des noms de divinités païennes soient encore couramment donnés dans un pays chrétien depuis dix-sept siècles en dit long sur la continuité de cette mémoire.

Les prénoms chrétiens

L'Église apostolique arménienne a sa propre liste de saints, distincte de celles des Églises latine et grecque. D'où des prénoms chrétiens qu'on ne trouve nulle part ailleurs.

  • Nareg : de saint Grégoire de Narek, poète mystique du Xe siècle, figure centrale de la spiritualité arménienne.
  • Sarkis : saint Serge, très populaire, fêté par une journée qui tient lieu de Saint-Valentin arménienne.
  • Hagop, ou Hakob : Jacques.
  • Krikor, ou Grigor : Grégoire, en référence à Grégoire l'Illuminateur, qui convertit le pays.
  • Gayane : sainte martyre, dont le monastère près d'Etchmiadzine porte le nom.
  • Mariam : Marie, dans sa forme arménienne.

Les prénoms tirés de la nature

C'est la famille la plus lumineuse du répertoire, et souvent la plus facile à porter hors d'Arménie. Ce sont des mots courants de la langue.

Prénom Sens en arménien
Lusine La lune
Arev, Arevik Le soleil
Hasmik Le jasmin
Shushan Le lys
Vartouhi De vart, la rose
Siranouch De sirel, aimer : « la douce aimée »
Nvard Composé de la rose et de la grâce
Sona Court et doux, très porté

Détail d'une croix de pierre sculptée et abricots secs sur un tissu rustique

Les prénoms qui portent une ville

Quatrième famille, et la plus chargée. Après 1915 et l'exil, la diaspora a donné à ses enfants les noms des villes et des régions d'Arménie occidentale qu'elle avait quittées.

  • Ani : l'ancienne capitale médiévale, dite « la ville aux mille et une églises ». C'est aujourd'hui l'un des prénoms féminins les plus donnés.
  • Van : la ville et son lac.
  • Mouch et Sassoun : régions d'origine de nombreuses familles de la diaspora.
  • Nairi : nom ancien de l'Arménie, mixte.

C'est exactement la même logique que les prénoms géographiques palestiniens comme Yafa ou Bisan : quand on ne peut plus habiter un lieu, on le porte.

Le suffixe -ian, la signature arménienne

Ce n'est pas un prénom mais il explique pourquoi les Arméniens sont reconnaissables partout dans le monde. Le suffixe -ian, ou -yan, signifie « fils de » et clôt la quasi-totalité des noms de famille arméniens.

Il fonctionne comme le « ben » arabe, le « Mac » écossais ou le « -son » scandinave. En France, où la communauté arménienne est fortement implantée à Marseille, Lyon, Valence et Alfortville, ce suffixe est devenu un marqueur immédiatement identifiable, porté aussi bien par Charles Aznavour, né Aznavourian, que par Henri Verneuil, né Achod Malakian.

40 prénoms arméniens

Pour un garçon

Armen, Aram, Tigran, Ara, Vartan, Levon, Hagop, Sarkis, Nareg, Krikor, Vahé, Garo, Hrant, Serop, Bedros, Zaven, Khatchig, Rafi, Haig, Mher.

Pour une fille

Ani, Lusine, Arevik, Hasmik, Anahit, Astghik, Siranouch, Shushan, Vartouhi, Nvard, Sona, Gayane, Mariam, Zabel, Karine, Nairi, Talar, Maral, Seta, Araxie.

Ceux qui se portent le mieux en France

  • Ani : trois lettres, doux, et une histoire remarquable derrière.
  • Aram : court, sonore, sans aucun piège orthographique.
  • Armen : lisible immédiatement, et il dit le pays entier.
  • Karine : déjà parfaitement installé en France, sans que l'origine arménienne soit connue.
  • Maral : rare, élégant, facile à prononcer.

À anticiper : Khatchig, dont le « kh » guttural n'existe pas en français, et Siranouch ou Araxie, magnifiques mais qui demanderont d'être épelés toute une vie.

La plus ancienne diaspora arménienne hors du Caucase se trouve au Liban, notamment à Beyrouth : voyez nos prénoms libanais. Et pour un autre répertoire chrétien d'Orient, nos prénoms grecs pour garçon.

Questions fréquentes

Pourquoi les noms arméniens finissent-ils en -ian ?

Parce que ce suffixe signifie « fils de ». Il clôt la quasi-totalité des noms de famille arméniens et fonctionne comme le « ben » arabe ou le « Mac » écossais. Charles Aznavour était né Aznavourian.

Quel est le prénom arménien le plus porté ?

Ani chez les filles, du nom de l'ancienne capitale médiévale, et Armen ou Aram chez les garçons. Les prénoms tirés de la nature comme Lusine, « la lune », sont également très répandus.

Les Arméniens portent-ils des prénoms chrétiens ?

Oui, mais issus de leur propre calendrier de saints. L'Église apostolique arménienne a une liste distincte de celles des Églises latine et grecque, d'où des prénoms comme Nareg, Sarkis ou Krikor.

Que signifie le prénom Ani ?

C'est le nom de l'ancienne capitale de l'Arménie médiévale, surnommée la ville aux mille et une églises. Comme d'autres noms de lieux, il a été donné en prénom par la diaspora après 1915.

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